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IA générative : pourquoi elle devient (déjà) un sujet Comex
Ces derniers mois, nous avons vu la même scène se répéter.
Un dirigeant nous dit : “On a gagné du temps grâce à l’IA !”
Puis quelques minutes plus tard : “On ne sait pas exactement qui l’utilise.” “On ne sait pas quelles données circulent.” “On n’a pas vraiment de cadre.”
C’est là que la discussion change de niveau. L’IA générative améliore la productivité, oui. Mais sans gouvernance, elle crée surtout une nouvelle forme de dette.
Le mirage de la productivité
Oui, l’IA génère des gains rapides : rédaction plus rapide, synthèses automatisées, réponses clients accélérées ou encore code produit plus vite.
Mais la question que nous posons systématiquement à nos clients est simple : qui assume le risque associé à ces gains ?
Parce qu’en parallèle, nous observons :
- des données sensibles injectées dans des outils publics
- des contenus produits sans vérification
- des usages non déclarés
- des décisions assistées par IA sans traçabilité
La productivité locale peut masquer un risque systémique.
Les 3 questions auxquelles peu d’organisations savent répondre
Dans nos missions, nous posons toujours les mêmes questions.
1) Qui cartographie réellement vos usages IA ?
Pas théoriquement. Concrètement.
Qui sait :
- quels outils sont utilisés
- par quels métiers
- pour quels types de données ?
Le Shadow IA n’est pas une faute des collaborateurs. C’est le symptôme d’un cadre absent.
2) Qui pilote les impacts énergétiques et financiers ?
On parle beaucoup d’innovation. On parle moins de coûts cumulés.
Usage massif =
- consommation cloud
- dépendance technologique
- effet rebond
- explosion des itérations
Sans arbitrage, l’IA devient un centre de coût diffus.
3) Qui est responsable en cas de dérive ?
Violation de données ? Biais discriminatoire ? Non-conformité IA Act ? Contenu litigieux publié ?
Le risque n’est plus hypothétique.
Comme la cybersécurité il y a quinze ans,
l’IA est en train de passer du statut d’outil IT à celui de risque stratégique.
Et à ce stade, la question devient exécutive.
L’IA responsable n’est pas un sujet “RSE”
C’est une erreur fréquente. L’IA responsable ne se limite pas à l’empreinte carbone.
C’est un sujet transversal :
- DSI (architecture, sécurité, modèles)
- Juridique (conformité IA Act)
- RSE (impact environnemental)
- RH (évolution des compétences)
- Direction générale (arbitrages stratégiques)
Et donc un sujet de gouvernance.
Ce que nous constatons sur le terrain
Les entreprises avec qui nous travaillons et qui prennent le sujet de l'IA au sérieux ne cherchent pas à la ralentir. Elles la structurent et se posent 3 questions simples : Où l’IA crée réellement de la valeur ? Où devons-nous limiter son usage ? Qui la pilote ?
Chez ASI, nous travaillons avec une logique d’arbitrage permanent :
1. Éviter
Ne pas déployer l’IA là où elle n’apporte pas de valeur mesurable.
2. Réduire
Choisir le bon niveau de modèle.
Limiter les usages énergivores inutiles.
Encadrer strictement les données.
3. Piloter
Mettre en place une gouvernance claire :
référent IA, charte d’usage, indicateurs, cartographie.
Déclic ou déclin ?
L’IA peut être un formidable accélérateur.
Mais sans cadre, elle crée :
- dette réglementaire
- dette énergétique
- dette organisationnelle
- dette réputationnelle
La technologie n’est pas le problème. L’absence de gouvernance l’est.
Notre rôle chez ASI : structurer sans freiner
En tant qu’entreprise à mission, nous ne sommes ni technophobes ni technophiles.
Notre rôle n’est pas de freiner l’innovation mais de la rendre durable.
Concrètement, nous accompagnons nos clients à :
- cartographier leurs usages IA réels (y compris Shadow IA)
- évaluer les risques réglementaires et énergétiques
- définir une gouvernance claire et transverse
- sélectionner des modèles adaptés et sobres
- acculturer les équipes (technique + esprit critique)
- aligner IA, performance et numérique responsable
Notre conviction est simple :
Une IA utile est une IA pilotée.
Une IA pilotée devient un avantage stratégique.
Si vous vous posez ces questions au niveau de votre direction, alors le sujet est déjà au bon endroit.
Et il est temps de le structurer.
FAQ - IA & durabilité
L’IA générative est-elle vraiment un risque pour les dirigeants ?
Elle le devient si elle n’est pas gouvernée.
Quand des données sensibles circulent, que des décisions sont assistées par IA sans traçabilité ou que la conformité IA Act n’est pas anticipée, la responsabilité dépasse rapidement le cadre IT. Le sujet devient exécutif.
Pourquoi parle-t-on autant de Shadow IA ?
Parce que l’usage précède la gouvernance.
Les collaborateurs utilisent déjà l’IA pour gagner du temps. Le risque n’est pas l’usage en soi, mais l’absence de cadre : données injectées sans contrôle, contenus non vérifiés, dépendance non mesurée.
Comment savoir si mon entreprise est exposée ?
Posez-vous 3 questions simples :
- Savez-vous quels outils sont réellement utilisés ?
- Savez-vous quelles données sont partagées ?
- Savez-vous qui est responsable en cas d’incident ?
Si la réponse est floue, il y a déjà un angle mort.
L’IA Act concerne-t-il vraiment les PME ?
Oui.
Le niveau d’exigence dépend du type d’usage et du niveau de risque, mais ignorer le sujet aujourd’hui revient à le traiter dans l’urgence demain. Anticiper coûte toujours moins cher que corriger.
L’impact environnemental de l’IA est-il significatif ?
Il dépend des usages.
Ce n’est pas tant l’entraînement des modèles qui pose problème que la multiplication des requêtes et des usages énergivores. Le pilotage des modèles et des cas d’usage est déterminant.
Qui doit piloter la gouvernance IA ?
Aucune direction seule ne peut le faire.
La DSI, le juridique, la RSE, les RH et la direction générale doivent partager la responsabilité. C’est précisément ce qui fait de l’IA un sujet Comex.
Faut-il ralentir l’adoption de l’IA ?
Non.
Il faut structurer son déploiement. L’IA peut être un formidable levier de compétitivité si elle est encadrée dès le départ.
Par quoi commencer concrètement ?
Commencer par la cartographie réelle des usages.
Pas la stratégie idéale.
La réalité du terrain.
C’est souvent là que les surprises apparaissent.