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Souveraineté numérique et IA générative : jusqu'où les entreprises doivent-elles aller ?

La souveraineté numérique est devenue, en quelques mois, l'un des sujets les plus concrets de la stratégie informatique des entreprises.

De plus en plus d'entreprises cherchent désormais à mesurer leur souveraineté technologique et à en comprendre les implications, tant sur le plan opérationnel que stratégique.

Dans le même temps, beaucoup de nos clients entrent dans une phase de déploiement concrète de solutions d'IA générative combiné à des usages nouveaux de leurs données : chatbots, RAG, agents autonomes…

Dans ces contextes, la souveraineté n'est plus un concept abstrait. Elle devient un sujet très tangible avec des questions sous-jacentes méritant d'être abordées : la localisation des données, le contrôle des modèles déployés ou encore l'orchestration globale des architectures et des usages que l'on en fait.

Autant de questions qui touchent directement au cœur du système d'information et à la gouvernance des risques de l'entreprise.

 

Qu'entend-on par souveraineté numérique ?

La souveraineté numérique désigne la capacité d'une organisation à maîtriser ses données, les modèles et outils qu'elle déploie, et ses dépendances vis-à-vis des fournisseurs technologiques, en conservant une liberté de choix réelle et une capacité de réversibilité. 

Elle ne se résume pas à la localisation géographique des données : une entreprise peut héberger ses données en France et rester fortement dépendante d'un éditeur étranger sur les plans contractuel, algorithmique ou réglementaire.

 

Pas une souveraineté, mais des niveaux d'acceptabilité

Pour autant, la souveraineté reste une notion à géométrie variable et ne recouvre pas une réalité unique. Elle dépend fortement du contexte de chaque organisation.

Une PME locale, un groupe international, un acteur de la santé ou une entreprise du secteur de la défense n'auront ni les mêmes contraintes, ni les mêmes niveaux d'exigence.

Autrement dit, il n'existe pas une souveraineté, mais des niveaux d'acceptabilité, à définir en fonction des enjeux de l'entreprise, de ses contraintes réglementaires, de son exposition aux risques et au-delà, de sa stratégie.

 

Chez ASI, nous pensons que ces sujets doivent être abordés via des grilles d'analyse structurées. Nous mettons à ce titre en avant cet outil IRN – Indice de Résilience Numérique, qui permet d'objectiver ces critères d'analyse pour chaque organisation.

 

Une bonne nouvelle ! Mais le virage n'est pas sans difficultés...

Cette prise de conscience collective des sujets de souveraineté est une excellente nouvelle.

Elle ouvre la porte à une valorisation de solutions européennes, longtemps écartées au profit d'acteurs américains en situation de quasi-hégémonie. Mais il ne faut pas sous-estimer la difficulté du virage.

Pendant des années, la souveraineté a été absente ou marginale dans les critères de choix technologiques. En faire aujourd'hui un critère important nécessite de prendre en compte le fait que les SI sont déjà fortement interconnectés et dépendants, et reposent souvent, au moins en partie, sur des briques peu souveraines, y compris pour la gestion des données de l'entreprise.

Par ailleurs, il y a un écart de maturité entre les offres européennes et les solutions de leurs concurrents mondiaux. Rigidifier trop fortement ce critère pourrait même ralentir certains projets si l'approche n'est pas pragmatique.

 

La souveraineté numérique n'est pas qu'une question américaine

Cette notion n'est pas juste la volonté de solutions européennes. Il y a 10 ans, la mise en place de droits de gestion pour sortir ses données de SAP (au titre que l'entreprise allemande s'en considérait propriétaire) avait fait scandale, posant les mêmes soucis de souveraineté, bien avant l'IA et Trump…

 

Le rôle des politiques publiques dans la dynamique européenne

Pour accélérer cette dynamique, l'impulsion ne pourra pas venir uniquement du privé. Les politiques publiques ont un rôle déterminant à jouer pour soutenir l'écosystème européen, favoriser l'émergence d'alternatives crédibles et créer un effet d'entraînement.

Des initiatives voient le jour : côté public, La Suite Numérique ; côté privé, des acteurs comme OVHcloud ou Mistral AI investissent pour concurrencer l'hégémonie américaine — Mistral faisant notamment le choix de créer ses propres datacenters. Mais le chemin reste long. Les États-Unis l'ont démontré depuis longtemps : la commande publique est un levier puissant d'innovation et de structuration d'un marché.

 

Jusqu'où doit-on aller... et à quel coût ?

La vraie question n'est sans doute pas : faut-il être souverain ? Mais plutôt : jusqu'où doit-on l'être, et à quel coût ?

La souveraineté ne doit pas devenir un dogme, mais un levier de décision éclairé, intégré dans une vision globale du SI. Si cette prise de conscience se confirme au plus haut niveau des organisations, elle pourrait profondément transformer les stratégies technologiques dans les années à venir. Et peut-être, enfin, rééquilibrer un marché devenu trop dépendant.

Chez ASI, nous avons en tout cas la conviction que ces critères doivent être pris en compte dans nos aides aux choix et notre R&D, tout en restant pragmatique pour assurer le rôle premier de nos sujets : apporter de la valeur au métier, par la technologie.

 

FAQ - Souveraineté numérique

Pourquoi la souveraineté numérique redevient-elle un sujet prioritaire ?

L'instabilité géopolitique récente et le déploiement massif de l'IA générative ont rendu concrètes des questions longtemps théoriques : où vont les données, qui contrôle les modèles, quelles dépendances créent-on ? Ce qui était un débat réglementaire est devenu un sujet opérationnel pour les DSI.

Tous les secteurs sont-ils concernés de la même façon ?

Non. Une PME locale et une entreprise de défense n'ont pas les mêmes niveaux d'exigence. La souveraineté se définit selon les enjeux propres à chaque organisation, ses contraintes réglementaires et son exposition aux risques.

Comment évaluer concrètement son niveau de souveraineté numérique ?

ASI propose l'Indice de Résilience Numérique (IRN), une grille d'analyse structurée permettant d'objectiver ces critères pour chaque organisation et de construire une roadmap adaptée à son contexte réel.

Faut-il basculer rapidement vers des solutions exclusivement européennes ?

Une approche trop rigide risque de ralentir des projets si elle n'est pas pragmatique. L'objectif est d'identifier les dépendances critiques à réduire, pas de rechercher une souveraineté totale qui reste difficile à atteindre dans un écosystème numérique mondialisé.

 

Évaluer votre résilience numérique avec l'IRN

ASI accompagne les organisations dans l'analyse de leurs dépendances technologiques et la construction de stratégies de souveraineté adaptées à leurs contraintes réelles.

→ Découvrir l'Indice de Résilience Numérique (IRN)

Simon Griffon, Responsable Data & IA chez ASI - Mai 2026